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Hiroko Murata

Numéro 3

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Le magazine d'actuel !

numéro 3-1

L'artiste est éternel !
Hommage au musicien Gustav Leonahrt

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Le 30 mai de l'année dernière, je me suis dirigée vers la salle de concert de Tokyo Bunka Kaikan à Ueno, pour écouter le récital d'un grand claveciniste à l'échelle mondiale, Gustav Leonhardt, dont j'étais dans l'attente.

Un typhon hors saison s'approchait de la région du Kanto, le temps était orageux, alors que ce n'était pas encore la saison des pluies.

Mais pourtant, ce jour-là, par coïncidence, c'était le quatre-vingt-troisième anniversaire de Monsieur Leonhardt. J'étais heureuse d'écouter son jeu sur le vif au Japon, surtout le jour de son anniversaire.

Mais, je ressentais une inquiétude vague, celle que ce serait sans doute son dernier récital, puisqu'il avait déjà atteint un grand âge.

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"Ah.....c'est vrai qu'il a quitté ce monde......."

J'avais la gorge serrée. Il y a à peine sept mois, il nous avait presenté une merveilleuse interprétation avec aisance du début à la fin, c'est dommage...... Gustav Leonhardt naquit en 1928 aux Pays-Bas, on dit qu'il s'était familiarisé avec le clavecin chez lui depuis son enfance, dans une famille aisée de sang noble, originaire de Suède.

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C'était non seulement un joueur éminent de clavecin, mais aussi un grand organiste, et on est allé jusqu'à le surnommer le "Bach moderne".

Il n'utilisait jamais d'ordinateur, il ecrivait toujours à la main. Etait-ce peut-être qu'il voulait ménager ses doigts...

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-------Ce jour-là, Monsieur Leonhardt est apparu tout tranquillement du fond de la scène qui était entourée par le public. Dans son attitude, je n'avais constaté aucune condescendance, ou plutôt il était discret et modeste, bien qu'il fût un grand interprète.

Aussitôt, après avoir salué l'assistance en s'inclinant legèrement, il a mis ses lunettes, et il a commencé à jouer lestement des pièces de compositeurs comme Purcell ou Jean-Philippe Rameau.

Je me suis apercue qu'il jouait de temps en temps en serrant les dents ; alors, son corps devait déjè être attaqué par le cancer.

En écoutant son jeu, je me suis souvenue de mon père qui est mort il y a quatre ans, parce que le profil de Monsieur Leonhardt qui portait des lunettes ressemblait bien à celui de mon père. Mon père avait un an de plus que lui, presque le même âge, et il avait un caractère sérieux et gentil........

L'ambiance de la salle de concert était très attentive, concentrée ; on n'entendait que le bruit subtil que faisait la page de la partition que l'on tournait entre deux pièces. La sonorité du clavecin, toute claire et pure, résonnait comme une lueur dans l'obscurité de la salle.

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Apres avoir achevé toutes les pièces au programme, il s'est retiré une fois ; puis, il est apparu de nouveau et nous a offert en bis un morceau de Bach. C'était "la sarabande" de la suite BWV1012. Normalement, cette piece est jouée par un violoncelle, mais plus tard, il l'avait transcrit pour le clavecin. Il a conclu son récital par une très belle mélodie touchante. J'ai senti que c'etait digne de "la beauté finale".

A présent, je ne peux m'empêcher de penser qu'il voulait nous laisser quelques mots avec cette piece -------j'imagine " Bienvenue a tous, je vous remercie. Je ne veux pas vous quitter, toutefois, il faut que je m'en aille. Parce que j'entends la voix de Dieu qui m'appelle. Adieu....."

Il n'apparaitra plus jamais sur la scène !

Mais, j'étais vraiment contente que la dernière pièce soit du Bach. Parce que le maître de la musique baroque s'en est allé au paradis avec une pièce de Bach.

Qu'il repose en paix !

Ars longa, vita brevis.
L'art est long, la vie est courte.

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